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Le CAC 40 dispose encore d’un potentiel de hausse, puisqu’il devrait a priori pouvoir se hisser vers la zone de 8 500-9 000 points (inscrivant du coup un nouveau record historique). Et ce, selon l’analyse technique mais aussi d’après l’analyse financière, juge Chahine Capital.
Après une année 2024 compliquée en Bourse pour le CAC 40 aussi bien en absolu (chute de 2,1%) que par rapport aux grands indices actions européens (+18,9% pour le DAX allemand en 2024, FTSE MIB italien à +18,9%, l’Ibex espagnol à +19,4% et le Footsie britannique à +13,9% en euros), l’indice actions phare de la Bourse de Paris s’est apprécié de belle manière depuis fin novembre, lui permettant de s’approcher de son précédent record historique (8 259 points). «Le marché a donc pris à contrepied un sentiment général excessivement négatif il y a trois mois. Un constat habituel, en particulier quand le pessimisme est alimenté par l’agenda politique», relève Stéphane Levy, stratégiste et responsable de l’innovation chez Chahine Capital, interrogé par Capital.
L’élection de Donald Trump, «et ses conséquences potentiellement néfastes pour une économie européenne très dépendante des exportations, mais aussi le contexte politique instable en France ont logiquement pesé sur le sentiment des investisseurs et les cours de Bourse, mais beaucoup moins sur les fondamentaux et le cycle économique mondial», souligne l’expert. C’est la raison pour laquelle, le 16 octobre dernier, Chahine Capital recommandait de rester bien investi en Bourse en actions françaises (CAC 40, etc.) et européennes.
Le CAC 40 garde-t-il du potentiel, après un rattrapage aussi spectaculaire en seulement trois mois ?
Les actions sont une classe d’actifs de nature procyclique. Ainsi, les performances en Bourse «sont étroitement corrélées au cycle de croissance économique. Notre indicateur de momentum (jauge d’une dynamique, NDLR) économique européen, qui dispose de 12 mois d’avance sur l’économie réelle, accélère à nouveau et continue de signaler un environnement de nature procyclique en Europe, a priori favorable aux actions européennes et françaises (et donc au CAC 40)», fait valoir Stéphane Levy.
Le contexte pourrait rester porteur sur le CAC 40 «ces prochains mois, voire jusqu’à fin 2025»
Depuis 2003, le CAC 40 progresse en moyenne à un rythme annualisé de 10,3% dans un tel contexte, mais à l’inverse, il abandonne en moyenne 2,1% en rythme annualisé quand l’indicateur de momentum économique signale un environnement de contraction. Or, Chahine Capital continue de penser que le contexte favorable pourrait se maintenir lors des prochains mois, et peut-être même jusqu’à la fin de l’année 2025. Et ce, pour 3 raisons, juge Stéphane Levy.
Premièrement, la baisse des taux de la BCE devrait se poursuivre à un rythme soutenu. Entre 3 et 4 baisses de taux de 0,25% sont anticipées d’ici décembre 2025, ce qui permettrait de renouer avec une forte accommodation monétaire et le retour des taux directeurs à un niveau inférieur à celui de l’inflation. «N’oublions pas que cette fois-ci, les taux sont baissés pour une raison positive, la baisse de l’inflation. Cela tranche singulièrement avec les précédents historiques, quand les taux étaient baissés afin de soutenir un état en quasi-faillite ou un secteur financier exsangue, et cela commence à avoir des effets vertueux sur les indicateurs de conjoncture», fait valoir l’expert.
Deuxièmement, la baisse sensible de l’euro depuis l’été dernier est également un facteur de soutien du momentum économique européen. Fin septembre, l’euro cotait 1,12 dollar. Or, il se traite à l’heure où nous écrivons ces lignes en dessous de 1,05. Troisièmement, l’aspect géopolitique, «une fois n’est pas coutume, doit être considéré comme une opportunité et non un risque, ce n’est là encore pas si fréquent. Un éventuel accord de paix en Ukraine serait un fantastique catalyseur pour l’économie européenne», juge Stéphane Levy.
Quel est le potentiel de hausse de l’indice CAC 40 ?
Du point de vue des fondamentaux (analyse financière), la valorisation de l’indice CAC 40 est aujourd’hui supérieure à sa moyenne historique. Le PER à 12 mois prospectif (la capitalisation boursière rapportée aux profits attendus ces 12 prochains mois pour les sociétés cotées du CAC 40, jauge traditionnelle du degré de cherté des actions) s’établit à 15,5 fois, contre une moyenne depuis 2000 de 14 fois. «Cette surévaluation de 10% ne nous paraît pas excessive dans un contexte procyclique et de baisse des taux, mais limite le potentiel de hausse à court terme», estime l’expert.
En effet, selon lui, il paraît «compliqué de compter sur un “effet multiple”, c’est-à-dire une poursuite de la hausse des PER (une augmentation des niveaux de valorisation des actions en Bourse, NDLR), à la différence de certains segments du marché européen (les petites et moyennes valeurs, ou le compartiment Value – les sociétés cotées traditionnellement bon marché – qui demeurent historiquement décotées)», juge-t-il. Toutefois, avec une croissance anticipée des bénéfices de 11% par le consensus des analystes lors des 12 prochains mois (et des révisions orientées à la hausse), une hausse du CAC 40 comprise entre 5% et 10% dans les prochains mois, qui porterait la Bourse de Paris dans la zone de 8 500-9 000 points, permettrait de ramener son PER à un niveau inférieur à 15 fois.
Un scénario parfaitement cohérent avec le potentiel du CAC 40 selon l’analyse technique
Du point de vue de l’analyse technique (analyse graphique et mathématique de l’évolution des cours de Bourse), «une configuration récente en double creux (double bottom, configuration classique de retournement de tendance à la hausse, NDLR) suggère en effet un objectif minimum autour de 8 500 points, voire 9 000 points en excès (haut du canal rouge)», estime Stéphane Levy. Dans ces conditions, en cas de correction baissière à court terme sur le CAC 40, la zone de 7 800-8 000 pourrait être mise à profit afin de renforcer ou initier une position acheteuse sur le CAC 40, selon lui.
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